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L'Assise Immobile

 

 

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Extraits du livre La Psychologie Nucléaire, un accompagnement du Vivant 

Editions Edit'as (www.editas.fr) - 2001

 

Qu'est-ce que l’Assise Immobile ?

C’est l’Art de rencontrer notre silence et notre immobilité. Mais c’est aussi le laboratoire de traitement de tous nos « j’ai mal ». C’est l’endroit où nous apprenons jusque dans notre chair comment transformer nos mal-être en bien-être. Au fond, l’Assise immobile et silencieuse n’est qu’une pratique extérieure servant de support à notre pratique intérieure. C’est juste un terrain d’entraînement à la méthode VPA et au protocole, avant d’utiliser ces deux outils dans notre vie courante. Car par l’intermédiaire de notre corps placé dans le silence et l’immobilité, nous pouvons expérimenter le passage du cycle traumatique au cycle Transformé, du petit dialogue au grand dialogue. Et cela, selon quatre niveaux d’intériorité différents.

Bien sûr, il est impossible d’entrer dans tous les détails d’une telle aventure, néanmoins nous pouvons en indiquer les grandes lignes.

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Les quatre niveaux d’Assise

A peine sommes-nous assis dans le silence et l’immobilité que déjà tout notre être est saisi par le simple bonheur de ne plus avoir à courir partout pour être. Et arrêter brusquement l’agitation extérieure, c’est commencer à nous retrouver et à nous savourer dans cet arrêt. Oui mais voilà, le silence et l’immobilité sont surtout un immense miroir nous renvoyant au détail près le reflet exact de tout ce que nous sommes dans notre existence quotidienne. « Miroir suis-je le plus beau ? » demande le pratiquant. Or avec le temps qui passe le miroir répond inexorablement : « Vois comme tu es imparfait, comme tu te tortures en permanence, comme tu aimes avoir mal ! Le vois-tu ? Et supportes-tu de le voir ?» En fait, nous avons rendez-vous dans l’Assise immobile avec exactement le même scénario de douleurs que celui de notre vie courante, et dans ce laboratoire d’expérimentation qu’est cette pratique, nous allons pouvoir apprendre à traiter nos « j’ai mal », à leur trouver des solutions, pour ensuite être capables d’utiliser les mêmes solutions dans notre existence.

Que se passe-t-il donc dans l’Assise ?

Eh bien, le silence et l’immobilité vont avec le temps nous faire rencontrer quatre niveaux de reflets dans le miroir de l’Assise, nous faisant explorer les quatre dimensions de la douleur humaine.  Et à chaque niveau de cette expérience, il nous faudra apprendre à traiter des « j’ai mal » de plus en plus subtils, et donc découvrir des « je suis bien » de plus en plus évolués.

Le premier niveau d’Assise – que nous appelons l’Assise des extrémités – nous fait visiter nos inconforts et nos douleurs physiques. A ce niveau de pratique ce sont les douleurs de jambes, ou de dos, qui incarnent le plus souvent nos «j’ai mal». Et c’est en traitant ces souffrances physiques que nous allons apprendre le passage de la douleur du corps à la douceur du corps libéré de la peur, le passage secret entre le « j’ai besoin d’avoir mal pour être » et le «je suis si bien» tellement suffisant pour nous ressentir vivants. Alors peut-être découvrirons-nous que ce n’est pas du poids de nos kilos que nous souffrons en Assise, mais de l’insupportable poids de notre traumatisme.
A ce premier niveau de pratique d’Assise, la vérification de la justesse du travail intérieur sera immédiate, car soit nous aurons su trouver le bon Acte – par VPA ou le protocole – et la douleur physique cessera, soit au contraire nous n’y serons pas parvenus et la torture de la posture n’en finira plus de s’amplifier, au point d’ailleurs de nous faire quitter cette immobilité devenue trop douloureuse.

Cette Assise des extrémités, cette Assise du mal-être physique transformable dans le silence et l’immobilité en un bien-être physique, passe par trois étapes : j’ai mal ; je me vois avoir mal ; je n’ai plus mal. Physiquement du moins, ce qui nous permet de souffrir d’une nouvelle manière, un peu plus subtile, introduisant le second niveau d’Assise.

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Le second niveau d’Assise – que nous appelons l’Assise du ventre – nous fait rencontrer un deuxième niveau de souffrances, un deuxième reflet dans le miroir du silence et de l’immobilité. En effet, à peine sommes-nous parvenus à ne plus avoir mal physiquement que déjà le besoin de souffrir pour être se manifeste à nouveau, et il devient ici une douleur d’ennui. Aussi incroyable que cela puisse paraître, quand l’Assise ne fait plus mal aux jambes on s’y ennuie à mourir, au point que le temps qui passe devient une nouvelle forme de torture. Mais comment s’en étonner ? N’est-ce pas à l’image de nos journées qui passent ? Que seraient-elles en fait sans leur lot de douleurs ?
Dans ce second niveau d’Assise, il va donc falloir apprendre à traiter ces nouveaux « j’ai mal » d’ennui, et cela nous conduira grâce à VPA ou au protocole à vaincre l’ennui par la recherche de ce qui nous mettra en vie, c’est-à-dire par la recherche de nos envies que nous exaucerons (et ce sera l’Acte) ou que nous n’écouterons pas (et la douleur s’amplifiera). Si l’Assise des extrémités nous permettait de trouver notre place dans l’espace, avec l’Assise du ventre nous allons découvrir notre place dans le temps. Car au poids du corps a maintenant succédé le poids des minutes. Et c’est parce que le monde du ventre est le monde de la digestion et de la sexualité, que l’homme se retrouve devant son plaisir, ses envies, sa chaleur.

Si le premier rendez-vous d’Assise avait lieu avec nos « j’ai mal » physiques, le second a donc lieu avec nos « j’ai mal » affectifs, car ne pas connaître ses envies c’est ne pas savoir s’aimer, et celui qui ne sait pas s’aimer lui-même n’a aucun moyen d’aimer autrui !
Cette Assise du ventre traverse elle aussi trois étapes : j’ai mal d’ennui ; j’aime mal ; j’aime donc je suis. Alors, parce que la nature humaine se perçoit soudain aimante et qu’elle ne peut par conséquent plus se faire mal à cet endroit, elle va découvrir une troisième façon de se torturer pour être, introduisant ainsi un troisième niveau dans l’expérience d’Assise.

 

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Ce troisième niveau d’Assise – que nous appelons l’Assise du thorax – nous fait bien évidemment rencontrer un autre niveau de « j’ai mal », un troisième reflet encore plus subtil dans le miroir du silence et de l’immobilité. En effet, à peine sommes-nous parvenus à découvrir celui qui aime, celui qui sait aimer, qu’une nouvelle dimension de douleur fait son apparition. Et ce nouveau rendez-vous avec le « j’ai mal » si nécessaire pour être sera constitué d’une expérience intérieure très rare que l’on pourrait résumer ainsi : quand enfin nous découvrons combien nous savons aimer, nous sommes soudain tellement mal de ne pas être plus utiles en aidant plus, ou en aimant plus encore. Ce tout nouveau « j’ai mal » est devenu un profond, un très profond « je suis mal ». Mal de si peu servir les hommes, de si peu servir Dieu. C’est donc un « je suis mal de si peu LE servir » que ce troisième niveau d’Assise devra transformer avec VPA ou le protocole.
Après les rendez-vous avec l’espace et avec le temps dans les deux premières dimensions du silence et de l’immobilité, c’est un rendez-vous avec le rythme que nous offre ici l’Assise du thorax. C’est un rendez-vous avec le rythme «faux», avec le rythme traumatique de nos poitrines transformable en rythme juste. Le thorax n’est-il pas en effet le lieu du coeur et du poumon, ces deux organes du rythme, ces deux rythmes différents qui dans l’expérience d’Assise pourraient peut-être ne faire plus qu’UN ?

Cette Assise du thorax, cette Assise du juste rythme, traversera elle aussi trois étapes dont on ne peut évoquer que les noms : je suis mal (avec LUI) ; je suis en paix (avec LUI) ; je suis LUI.

Le quatrième niveau d’Assise

Ce sera cet état de paix – « Je suis LUI » – qui nous fera entrer de plein fouet dans la vraie immobilité et dans le vrai silence, ouvrant ainsi le quatrième niveau d’Assise, celui que nous appelons l’Assise des organes des sens. Et serez-vous surpris si nous vous disons qu’il s’agit de l’Assise du TOUT VOIR à volonté, quand toute la dimension humaine est enfin accomplie ?
Car c’est bien de cela qu’il s’agit, tant cette quatrième dimension de l’Assise est aussi celle de l’accomplissement d’une intériorité attendue dans l’homme. Cette Assise du TOUT VOIR à volonté, c’est l’Assise du Voir avec nos cinq grands organes des sens retrouvés. Dans ce quatrième niveau les «j’ai mal» n’existent plus, seule existe la brûlure de ne pas Voir tant que l’on n’a pas trouvé la question. Mais à ce niveau toute vraie question attire sa réponse, et l’on peut donc Voir À VOLONTÉ.
Mais il est inutile d’en parler davantage, car seul le vécu peut en témoigner !

 

 

Voilà donc la pratique d’Assise que nous avons fondée il y a une vingtaine d’années. Et comme toutes les pratiques, elle constitue un merveilleux voyage, ou bien une torture inutile. Oui, comme dans toutes les pratiques, cette expérience d’Assise dépendra de notre façon de pratiquer ou non la transformation au dedans.
Et dans toute véritable école de la réussite intérieure – comme d’ailleurs dans toutes les écoles de la réussite extérieure – il sera souvent nécessaire de pouvoir travailler en groupe, avec un bon instituteur formé à la pratique utilisée, afin d’éviter au mieux tous les égarements de ce genre d’aventure.

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